| | | Découverte d’un biomarqueur pour prédire les chances de réussite d’une FIV

Découverte d’un biomarqueur pour prédire les chances de réussite d’une FIV

La découverte d’un marqueur présent dans le sang pourrait bientôt changer la vie des couples qui envisagent une FIV : ce marqueur permettrait de prédire les chances réelles de réussite de la fécondation, évitant ainsi les lourdes déceptions en cas d’échec.

Un test fiable à 88 %

Actuellement les chances de réussite d’une fécondation in vitro sont relativement faibles puisqu’elles ne s’élèvent qu’à environ 20 %. Ces FIV aboutissent donc le plus souvent à des échecs souvent difficiles à vivre pour les couples.

Pourtant les choses pourraient très bientôt s’améliorer…

En effet, une équipe de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) du CHU de Montpellier a travaillé sur un test qui permettrait de savoir si une fécondation in vitro a de réelles chances d’aboutir ou non, avec une fiabilité à hauteur de 88 %.

Ce test est basé sur un marqueur biologique qui se trouve dans le sang et le liquide folliculaire (liquide contenu dans les follicules ovariens où se trouvent les ovocytes) : l’ADN libre.

Des cellules stressées diminuent les chances de fécondation

L’ADN libre est issu de l’ADN de cellules dégradées qui se retrouve dans le sang et les liquides biologiques. Plus la concentration en ADN libre est importante, plus les cellules de l’organisme ont été stressées et détruites pour diverses raisons.

Les scientifiques de l’Inserm se sont aperçus que les femmes qui ont un taux élevé d’ADN libre dans leur liquide folliculaire ont souvent une réserve ovarienne pauvre et des syndromes poly kystiques : elles ont alors moins de chance de tomber enceinte.

Heureusement, chez une même femme, tous les follicules qui conduisent à la libération des ovocytes ne sont pas soumis à la même quantité de stress au cours de leur maturation.

En analysant la concentration d’ADN libre dans le liquide folliculaire associé à chaque ovocyte prélevé avant une FIV, les scientifiques peuvent sélectionner les ovocytes les plus favorables, et pronostiquer les chances de succès de la fécondation : « si l’ovocyte a été exposé à un stress excessif, l’embryon court un très grand risque d’évolution pathologique dégénérative, entrainant un échec de grossesse. Nous déconseillons alors de tenter la FIV», explique le Pr Samir Hamamah, responsable des travaux.

Un marqueur présent également dans le sang

A partir de ces données, les scientifiques ont ensuite analysé l’ADN libre circulant dans le sang et sont arrivés aux mêmes conclusions : plus le taux est élevé, plus les chances de grossesse sont faibles. Mais fort heureusement pour les femmes, le taux d’ADN libre varie à chaque cycle : un taux élevé indique juste qu’il est préférable de décaler la tentative de FIV de deux ou trois mois pour tenter d’obtenir des ovocytes de meilleure qualité et donc d’avoir plus de chances de réussite pour la fécondation.

Un test à partir d’une simple prise de sang

Le Pr Hamamah utilise déjà ce marqueur depuis 2011 dans son service au CHU de Montpellier, ce qui a permis de doubler les taux de réussite des FIV.

L’objectif est maintenant de développer un test à partir d’une simple prise de sang, ce qui permettrait aux femmes de choisir le moment le plus favorable pour envisager une fécondation in vitro.




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