"Maman, maman, j’ai fait un mauvais rêve !" : comment réagir ?

Publié le 17 février 2016 à 12:06

Pourquoi notre enfant se réveille-t-il la nuit ? Comment le réconforter ? Quels sont les différents types de troubles du sommeil ? Quand doit-on s’inquiéter de la fréquence des cauchemars ? Comment réduire leur fréquence ?

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Pourquoi notre enfant se réveille-t-il la nuit ?

Les troubles du sommeil comptent parmi les problèmes les plus souvent évoqués par les parents. Les fameuses nuits blanches ou écourtées représentent la principale cause de stress et de difficultés à surmonter chez les jeunes parents.

Ceux-ci s’attendent à devoir franchir cette étape chez le nouveau-né, mais sans imaginer que cela puisse arriver vers 2 ou 3 ans où l’on parle alors de terreurs nocturnes, de cauchemars ou d’insomnie.

Les troubles du sommeil perturbent autant l’enfant que les parents : il faut donc être à l’écoute et trouver des solutions pour que l’enfant retrouve son sommeil.

Il faut savoir que les problèmes de sommeil sont passagers et font partie du développement normal de l’enfant : aucun enfant ne dort toutes ses nuits de la naissance à 5 ans, et les parents sont tous confrontés, un jour ou l’autre, à un enfant qui refuse de s’endormir, qui se réveille la nuit ou qui fait des cauchemars.

Savoir reconnaître les différents types de troubles du sommeil

Les troubles du sommeil sont fréquents avant 6 ans at apparaissent sous forme d’insomnie, de cauchemars ou de terreurs nocturnes.

Insomnie

Celle-ci est souvent liée à la peur du noir. Lorsqu’il fait noir un enfant perd ses repères, ce qui laisse cours à son imagination si fertile. C’est la forme la plus fréquente de troubles du sommeil.

Cauchemars

Les cauchemars débutent vers 2 ou 3 ans, période durant laquelle les enfants sont en pleine évolution psychologique et en pleine croissance cérébrale : les cauchemars marquent une étape importante dans leur évolution qui coïncide avec le développement de leur imagination. C’est donc plutôt un bon signe !

A cet âge, la pensée logique des enfants n’est pas très développée : ils ont donc du mal à discerner ce qui est réel ou pas (monstres, sorcières, méchants, chevaliers…), mais également à faire face aux émotions négatives comme l’agressivité ou la peur (dispute des parents, peur d’un animal…). Ces émotions sont amplifiées par leur imagination et contribuent à alimenter leurs cauchemars.

Tous les enfants font des cauchemars, c’est presque inévitable. Ils sont dans une période d’apprentissage et d’adaptation intense (apprendre à marcher, à respecter les consignes, aller à la crèche ou à la garderie…), ce qui génère stress ou pression contribuant à alimenter certains cauchemars. On dit parfois que la nuit permet de « digérer » ce que l’enfant acquiert dans la journée… Normal donc que ses nuits soient parfois agitées !

Il est à noter que d’autres facteurs externes peuvent alimenter certains cauchemars : évènements familiaux (conflit ou séparation du couple), déménagement, arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur…

Finalement, plus notre enfant est sensible et imaginatif, plus il risque de réagir devant ces événements et plus il sera enclin à faire des mauvais rêves. Les cauchemars permettent d’évacuer les tensions de la journée, de se libérer peu à peu des craintes ou peurs qui font partie de son quotidien.

Les terreurs nocturnes

Alors que les cauchemars font peur aux enfants, les terreurs nocturnes effraient surtout les parents par l’intensité des manifestations : l’enfant s’agite, s’assoit, se jette de son lit en hurlant, balbutie, crie, semble avoir des hallucinations ; il a l’air terrorisé, en sueur, il a les yeux ouverts mais ne vous voit pas…

Dans de tels cas, les parents doivent éviter de paniquer (ou d’entrer dans le rêve de leur enfant) et de le brusquer en voulant à tout prix le réveiller ou le sortir de sa terreur ! Il faut simplement lui parler calmement, le réconforter. Sa respiration reprendra alors un rythme normal et il finira par se rendormir après quelques minutes, comme si rien ne s’était passé et sans se souvenir de cet épisode.

Bien que les parents soient souvent très inquiets de ces manifestations nocturnes, il faut retenir qu’elles ont banales et sans conséquence pour la santé de l’enfant. Elles ne nécessitent aucun traitement ou consultation sauf en cas de répétitions sur une longue période (plusieurs fois par semaine, et ce, pendant plusieurs mois).

Comment réconforter mon enfant quand il a fait un cauchemar ?

Il faut tout simplement faire ce que la plupart des parents ont intuitivement le réflexe de faire : lui parler calmement en le prenant dans nos bras, lui dire que c’est un mauvais rêve et qu’en réalité, rien de ce qu’il a rêvé ne s’est produit ou n’existe.

Surtout, ne le laissez pas pleurer : il faut absolument se lever pour aller le réconforter.

Il ne faut pas négliger la peur de notre enfant, qui a un réel besoin d’être rassuré, sans toutefois se lancer dans de longues et grandes explications ou lui demander de nous raconter en détail le cauchemar, ce qui aurait pour effet de briser définitivement son sommeil. Mieux vaut revenir sur le sujet le lendemain matin… si l’enfant s’en souvient !

Bref, il faut réconforter l’enfant et, bien qu’il soit tentant et plus facile d’inviter l’enfant à dormir avec nous, il est conseillé de prendre le temps nécessaire afin qu’il se rendorme dans son propre lit.

Quand doit-on s’inquiéter de la fréquence des cauchemars ?

Normalement, vers l’âge de 5 ou 6 ans, l’enfant commence à faire la différence entre le rêve et la réalité. Puis, à partir de 7 ou 8 ans, les cauchemars diminuent et vont être de plus en plus rares vers l’âge de 9 ans.

Si, malgré cela, l’enfant fait beaucoup de cauchemars et de façon constante, c’est peut-être un signe qu’il est en détresse ou affecté émotivement. Il faut alors s’interroger sur les situations stressantes ou émotives que vit l’enfant et peut-être demander du soutien extérieur pour en déterminer les causes.

Comment réduire la fréquence des cauchemars ?

Voici quelques astuces pour aider à réduire la fréquence des cauchemars :

  • Lui laisser un élément sécurisant pour dormir : peluche, doudou ;
  • Faire dormir l’enfant avec une veilleuse ;
  • Essayer de réduire ses préoccupations : inspecter sous le lit, examiner l’armoire s’il le demande, ainsi il sera rassuré ;
  • Avoir un rituel du coucher apaisant : histoires ou chansons douces, sans éléments effrayants ;
  • L’aider, le jour de préférence, à verbaliser ses peurs, ce qui le tracasse ;
  • Eviter les activités très stimulantes peu avant le coucher : jeux vidéo, films intenses, activité physique ;
  • Dans le cas de peur précise (monstres ou autres), lui demander de dessiner l’objet de ses craintes et s’amuser par la suite à le modifier : lui ajouter un sourire, un chapeau…

Les psy-trucs pour les enfants de 0 à 6 ans

Tous ces conseils sont issus du livre « Les psy-trucs pour les enfants de 0 à 6 ans » un livre écrit par Suzanne Vallières, psychologue.

Dans ce livre, elle nous délivre des tas de conseils et de réponses claires pour de nombreuses questions qu’on se pose tous, en tant que parents, concernant l’éducation, le développement… de notre enfant.

C’est près de 300 psy-trucs qui sont développés dans ce guide et qui peuvent vraiment faciliter la vie des parents : "l’entraînement à la propreté, tout un défi !", "comment réagir devant ses crises ?", "Dois-obliger mon enfant à finir son assiette ?", "Est-ce normal qu’il ait un ami imaginaire ?", "La famille s’agrandit, comment préparer mon enfant ?"…

 

« Les psy-trucs pour les enfants de 0 à 6 ans », de Suzanne Vallières, aux Editions J’ai Lu – 8,40 €

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