Rééducation du périnée : une étape importante après la grossesse

Rééducation du périnée : une étape importante après la grossesse

Publié le 14 octobre 2015 à 11:44

La rééducation périnéale est-elle obligatoire pour toutes les femmes après une grossesse ou uniquement dans les cas d’accouchements difficiles ? Les séances de rééducation périnéales peuvent-elles se faire à la maison ? Sont-elles remboursées ? Un dossier pour tout savoir sur la rééducation périnéale.

La rééducation périnéale est-elle vraiment indispensable après une grossesse ?

Après un accouchement, les jeunes mamans doivent rééduquer leur périnée pour tonifier les muscles du plancher pelvien. En effet, les traumatismes du plancher pelvien vécus lors de la grossesse et de l’accouchement seront gardés en mémoire par l’organisme.

Même si la jeune femme ne ressent pas de relâchement des tissus juste après l’accouchement (ce relâchement n’apparaît que des années plus tard), il est important de ne pas négliger la rééducation du périnée pour éviter les fuites urinaires à partir de 50 ans qui touchent 1 femme sur 3.

Une rééducation destinée à toutes les femmes, peu importe le mode d’accouchement

La rééducation périnéale est donc conseillée à toutes les femmes qui viennent d’accoucher. Bien évidemment, dans certaines situations, la rééducation est absolument indispensable (bébé de plus de 4 kg, temps d’expulsion long, forceps…).

Mais, hormis ces situations particulières, la rééducation périnéale est tout de même fortement conseillée.

Et peu importe que la naissance se soit faite par césarienne ou par les voies naturelles, qu’il y ait eu une épisiotomie ou non.

Car, certes le mode d’expulsion abîme cet ensemble de muscles, mais c’est aussi tout au long de la grossesse que le périnée a eu l’occasion de se distendre.

Il existe plusieurs méthodes de rééducation périnéale

Il existe une méthode manuelle, la méthode CMP ou « Connaissance et Maîtrise du Périnée » qui consiste à serrer les doigts de la sage-femme (ou du kiné) en contractant les muscles du vagin.

Au fur-et-à-mesure des séances, la sage-femme évalue les progrès et la tonicité des muscles du plancher pelvien.

La deuxième méthode utilise une sonde placée dans le vagin qui envoie des stimulations électriques de basse fréquence.

A l’inverse, la jeune maman peut également travailler en biofeedback, c'est-à-dire qu'on lui fait faire des contractions périnéales volontaires : ainsi le kiné ou la sage-femme peut évaluer la force des contractions grâce à un écran de contrôle.

Peut-on continuer la rééducation périnéale à la maison ?

Après plusieurs séances chez le kiné ou la sage-femme, on peut effectivement continuer sa rééducation périnéale à la maison.

Voici un exemple simple d’exercice à faire pendant une dizaine de minutes chaque jour :

Allongée, le dos bien collé au sol, les jambes pliées, pieds au sol, on prend une grande inspiration.

Puis on souffle par la bouche, en serrant le périnée et en rentrant le nombril.

Une fois les poumons vidés, on reste encore quelques instants en apnée, en continuant de serrer le périnée et de rentrer le ventre.

Vous verrez que, de jour en jour, vous arriverez à maintenir la contraction de plus en plus longtemps.

Et la méthode du stop-pipi, ça marche ?

A éviter absolument !

Cette méthode, qui consiste à bloquer l’urine au moment de la miction, peut être à l’origine d’infections urinaires.

La rééducation périnéale est-elle remboursée par la Sécurité Sociale ?

La Sécurité sociale rembourse l’équivalent de 10 séances de rééducation périnéale si elles sont réalisées par un kinésithérapeute ou par une sage-femme.

En général, on commence ces séances six semaines après l’accouchement, mais il est important d’en avoir parlé à son médecin lors de la visite post-natale.