Les produits cosmétiques pour bébé à nouveau pointés du doigt

Les produits cosmétiques pour bébé à nouveau pointés du doigt

Publié le 15 février 2016 à 15:00

Lotion, shampoing, crème, lingettes… les produits à destination des bébés sont à nouveau pointés du doigt dans le rapport d’une étude publiée ce lundi 15 février par l’ONG WECF (Women in Europe for a common future), un réseau international de 150 organisations environnementales et féminines qui agit pour construire avec les femmes un monde juste, sain et durable.

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Les résultats de cette en enquête approfondie dans l’univers des cosmétiques pour bébés va amener bon nombre de parents à reconsidérer les produits utilisés pour leurs enfants. En effet, alertée par l’exposition quotidienne des jeunes enfants à des substances chimiques potentiellement dangereuses pour la santé, WECF s’est penché sur l’analyse de 341 cosmétiques pour bébés de toute sorte : produits pour le bain, laits, eaux de toilette, liniments, produits solaires… vendus dans l’hexagone en pharmacies, parapharmacies, supermarchés et magasins biologiques.

Au travers d’une analyse minutieuse des compositions, les experts ont classé les ingrédients ou familles d’ingrédients présents dans les 341 cosmétiques, en trois catégories : "risque élevé", à "risque modéré", à "risque faible ou non identifié".

Des résultats qui doivent faire réfléchir

On retrouve 3 ingrédients ou familles d’ingrédients classés à "risque élevé" dans 299 produits :

  • un allergène par contact (la méthylisothiazolinone) dans 19 produits dont 7 lingettes
  • un conservateur soupçonné d’effets toxiques sur la reproduction (le phénoxyéthanol) dans 54 produits dont 26 lingettes
  • des parfums dans 226 produits, impliquant des risques potentiels d’allergies

On retrouve 4 ingrédients ou familles d’ingrédients classés à "risque modéré" dans 181 produits :

  • un composé très présent dans les produits moussants (l’EDTA) dans 87 produits dont 30 lingettes
  • des sulfates (laureth et lauryl sulfate), agents moussants potentiellement irritants dans 50 produits, en grande majorité des produits pour le bain et shampoings
  • des huiles minérales, issues de la chimie du pétrole pouvant être contaminées par des impuretés, dans 30 produits en majorité des crèmes et lotions
  • des nanoparticules, dont les effets sont encore mal évalués, dans 14 produits solaires.

En constatant ces résultats rejoignant d’autres études telle que celle publiée dans 60 millions de consommateurs en décembre 2014, WECF demande clairement et simplement l’interdiction des trois ingrédients à « risque élevé » dans tous les cosmétiques destinés aux enfants de moins de trois ans. Mais aussi tire la sonnette d’alarme concernant l’omniprésence de parfums (226 sur 341) potentiellement sensibilisants et pour certains mis en cause dans des allergies par contact, au demeurant superflus pour des produits destinés à de jeunes enfants.

WECF demande également des restrictions d’usage pour les ingrédients classés « à risque modéré », en application du principe de précaution mais aussi un moratoire sur l’usage de substances suspectées d’être des perturbateurs endocriniens (PE) dans les cosmétiques pour bébés (en attendant la définition des PE que doit publier la Commission Européenne avant l’été 2016).

Outre des mesures concernant les produits eux mêmes WECF pointe le doigt sur la nécessité d'un étiquetage plus clair pour les parents surtout en ce au niveau des substances allergènes par contact. Dans la même optique, l’organisme conseille aux parents de limiter l’usage de ces produits cosmétiques et d’éviter le plus possible les produits parfumés pour bébé.

Tous les résultats et les détails de l’enquête sont disponibles sur  www.projetnesting.fr

Mémo pour aider les parents à comprendre les étiquettes

Pour résumer, voici les agents de composition visés par ce rapport et pourtant présents dans de nombreux produits :

Risque élevé :

  • La methylisothiazolinone (MI) et la methylchloroisothiazolinone (MCI), des conservateurs réglementés dans les cosmétiques en Europe.
  • Le phénoxyéthanol, un éther de glycol utilisé dans les cosmétiques tels que crèmes pour le visage et le corps ou crèmes solaires.
  • Parfum, fragrance, perfume : les parfums sont partout dans notre vie quotidienne puisque l’on ne compte plus les produits de consommation courante qui sont désormais odorants. Le rsique est ici allergique.

Risque modéré :

  • Huile minérale sous les noms de mineral oilpetrolatum, ceresin, paraffine, ozokérite … ces ingrédients ont en commun d’être dérivés du pétrole, tout comme la vaseline, nom de marque passé dans le langage courant.
  • Les sulfates : lauryl sulfate, sodium lauryl sulfate, sodium laureth sulfate
  • EDTA (disodium, tetrasodium, calcium disodium)
  • Composés nanoparticulaires: MBBT, dioxyde de titane, oxyde de zinc, etc

Risque faible ( ou non identifié)

  • Les parabens : Méthylparaben et éthylparaben
  • Le BHT (butyl hydroxytoluène)

Les 10 conseils de WECF destinés aux parents :

  • Ne pas utiliser de cosmétiques et produits d’hygiène pour bébé de façon systématique
  • Ne pas utiliser de produits cosmétiques pour adultes pour les bébés
  • Oui au shampoing ou au produit visage et corps pour le bain, oui au liniment pour nettoyer les fesses
  • Pour le reste rien d’obligatoire, au contraire il suffit d’utiliser, en cas d’irritation du siège, une crème pour le change, et un lait de toilette si le liniment ne suffit pas
  • Eviter les lingettes jetables, sauf pour dépanner lors de déplacements
  • Eviter les eaux nettoyantes et eaux de toilette, non indispensables, utiliser de l’eau du robinet sauf lorsque celle-ci est déconseillée à la consommation pour des raisons sanitaires
  • Privilégier les produits sans parfum
  • Privilégier les produits contenant peu d’ingrédients
  • Pour les adeptes du "fait maison", respecter une hygiène draconienne dans la préparation des cosmétiques et ne préparer que de petites quantités pour ne pas avoir à conserver les produits longtemps et risquer une contamination bactérienne.
  • Attention aux huiles essentielles qui peuvent sensibiliser un jeune enfant à vie. Pour le massage, leur utilisation devra toujours se faire très diluée (1 à 2% de la préparation finale) et ce, pas avant trois ans. Il est préférable, pour éviter tout risque de surdosage, d’acheter des produits tout préparés.

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