Les acouphènes : quelles solutions pour éliminer ces bruits dans les oreilles ?

Les acouphènes : quelles solutions pour éliminer ces bruits dans les oreilles ?

Publié le 26 septembre 2013 à 10:00

Les acouphènes sont très difficiles à éliminer, mais il est toutefois possible de les atténuer.

Qu’est ce que des acouphènes ?

Les acouphènes sont des bruits entendus quasi continuellement mais qui n’existent pas dans l’environnement. Le son perçu peut ressembler à un bourdonnement, un chuintement, un sifflement, un cliquetis ou encore un tintement ressenti dans la tête (à l’avant ou à l’arrière) ou dans l’oreille (d’un seul ou des deux côtés).

Cette gêne, qui touche tout de même 3 millions de français, n’est absolument pas psychologique ; c’est un symptôme bien réel dû à la production d’un signal nerveux anormal par les voies auditives et interprété comme un bruit par le cerveau.

Généralement, ces bruits apparaissent :

  • soit à la suite d’un traumatisme acoustique (exposition excessive au bruit) : l’oreille interne est tapissée de plusieurs milliers de cellules auditives munies de cils vibratiles. Lorsque des sons de forte intensité sont perçus, les cils s’abaissent et ne se redressent qu’au bout d’un moment. Une exposition régulière à des bruits trop forts entraîne des dommages aux cellules auditives et à leurs cils qui peuvent être permanents. Un son particulièrement violent (détonation de pétard ou de carabine) peut provoquer une dégradation irréversible des cellules auditives et être à l’origine d’acouphènes.
  • soit à la baisse d’audition due au vieillissement de l’oreille (presbyacousie) notamment à partir de la cinquantaine.

D’autres facteurs peuvent être à l’origine de l’apparition d’acouphènes :

  • certains médicaments pris sur du long terme peuvent causer des acouphènes comme les diurétiques, la quinine, l’aspirine, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (Ibuprofène), certains antibiotiques.
  • le spasme du muscle stapédien (petit muscle de l’oreille interne).
  • un bouchon de cérumen.
  • une blessure à la tête ou au cou.
  • certaines maladies (otites à répétitions, hypertension, diabète, troubles hormonaux, maladie de Paget, maladie de Ménière, tumeur…).

Le stress ne peut pas déclencher des acouphènes, par contre, il peut aggraver un problème d’acouphènes déjà présent.

Dans les cas sévères, les acouphènes peuvent parfois s’accompagner de perte d’audition, de douleurs, de vertiges, de nausées en fonction de la cause.

Beaucoup de personnes atteintes d’acouphènes souffrent également d’une intolérance aux bruits forts, voire une perception douloureuse et forte à des sons perçus comme normaux ou faibles par les autres personnes.

Acouphènes : Quelles sont les mesures préventives, voire curatives ?

Evidemment les mesures de base consistent à éviter de s’exposer trop souvent à des volumes sonores très élevés (n’hésitez pas à utiliser des bouchons d’oreilles pour vous protéger en cas de bruit trop important).

Evitez d’utiliser de façon prolongée les médicaments qui peuvent être à l’origine d’acouphènes, notamment tout ce qui concerne l’aspirine ou les anti-inflammatoires. Pour les autres médicaments, demandez conseil à votre médecin ou à votre pharmacien.

Déterminez les facteurs aggravants : le stress, mais aussi l’alcool, la caféine, le tabac ainsi que toutes les boissons qui contiennent de la quinine (Schweppes®, Canada Dry®…).

Traitez, dans la mesure du possible, la pathologie qui peut être responsable des acouphènes : bouchon de cérumen, otite, hypertension…

Différents médicaments ont été utilisés contre les acouphènes, comme les benzodiazépines (Rivotril®), les vasodilatateurs, le baclofène (Lioresal®)… mais, dans la plupart des cas, les effets indésirables sont supérieurs aux effets bénéfiques.

Il existe des techniques pour atténuer la gêne provoquée par les acouphènes :

  • tout d’abord, évitez le silence : ayez toujours un fond sonore léger à la maison (une musique douce, un bruit de ventilateur…).
  • l’utilisation de générateurs de sons blancs : ce sont des appareils placés sur le pavillon derrière l’oreille et qui délivrent toujours le même son : le son blanc (bruit similaire à celui d’un poste radio syntonisé entre 2 stations). Ces appareils ressemblent à des prothèses auditives.
  • l’électrostimulation : à l’aide d’électrodes, on stimule la cochlée (organe neurosensoriel de l’oreille). Une nette amélioration est constatée dans 60 à 70 % des cas. Selon le même mécanisme, l’acupuncture peut-être pratiquée (les aiguilles remplaçant les électrodes) mais avec des résultats plus aléatoires.
  • La thérapie acoustique d’habituation (TAH) : cette technique est utilisée chez des personnes ayant des acouphènes installés depuis longtemps. Elle consiste à éduquer le cerveau, à le reprogrammer afin qu’il s’habitue aux acouphènes (habituation) et qu’il apprenne à filtrer les sons de façon sélective (en apprenant des techniques de relaxation et de diversion de l’attention). Le but est que la personne entende uniquement les bruits utiles et ignore les bruits inutiles. Cette technique permet d’obtenir plus de 85 % d’amélioration.
  • la stimulation magnétique transcrânienne : ce traitement, actuellement au stade de l’expérimentation, consiste en la transmission d’une impulsion indolore magnétique à travers le crâne afin d’essayer de diminuer l’activité neuronale liée à l’audition.