Des perturbateurs endocriniens dans nos vernis à ongles

Des perturbateurs endocriniens dans nos vernis à ongles

Publié le 05 novembre 2015 à 09:59

Nos mains sont tellement plus belles avec du vernis à ongles... Oui, mais ce n’est pas sans conséquences pour notre santé car les vernis contiennent une substance considérée comme perturbateur endocrinien.

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Les vernis contiennent un plastifiant suspect

Selon une étude menée aux USA par des scientifiques de l'université de Duke et l'organisation EWG (Environmental Working Group), plus de la moitié des vernis à ongles contiennent un plastifiant suspecté d’être un perturbateur endocrinien.

Ce plastifiant, le TPHP (Triphenyl phosphate), permet de rendre le vernis plus souple et améliore sa tenue. Mais, malheureusement, il ne reste pas juste au niveau des ongles : en effet, il est retrouvé dans l’urine des femmes quelques heures après l’application du vernis, ce qui prouve qu’il pénètre dans notre organisme.

Et si on remplaçait un perturbateur endocrinien par un autre ?

La plupart des fabricants de vernis à ongles utilisent ce nouveau plastifiant pour remplacer le dibutyl phthalate, qui était lui-même un perturbateur endocrinien, interférant avec notre système hormonal et susceptible de créer des troubles d’infertilité, de puberté précoce, de troubles de l’immunité, de cancers…

Pourtant ce TPHP ne semble pas non plus dénué de tout effet toxique. En effet, des études menées sur ce produit montrent que l’exposition à cette substance entraîne également des changements dans le système hormonal et de reproduction.

Le vernis à ongles n’est-il pas censé rester uniquement sur les ongles ?

Une étude a été menée sur 26 volontaires qui ont accepté de faire des tests avec un vernis qui contient environ 1% de TPHP.

Les scientifiques ont noté que lorsque le vernis était posé sur de faux ongles, le niveau de TPHP ne variait pas dans les urines des femmes.

Par contre, quand elle le posait directement sur leurs ongles, ce niveau pouvait être jusqu’à 7 fois plus élevé.

Cette étude montre donc bien que le vernis passe à travers les ongles, en partie à cause des solvants qu’il contient qui rendent les ongles plus absorbants, et, en partie, parce que le réseau capillaire des cuticules qui entourent l’ongle joue le rôle de transporteur de produits chimiques.

Ces résultats montrent que les vernis à ongles peuvent être une source d'exposition importante au TPHP, et donc représenter un risque potentiel pour les utilisatrices régulières de vernis à ongles.

En pratique, peut-on encore utiliser du vernis à ongles ?

Difficile pour certaines d’entre nous de s’en passer… Voici donc quelques conseils pour limiter les risques d’exposition :

  • lire les étiquettes et les listes d'ingrédients des produits, et éviter ceux qui contiennent du Triphenyl phosphate (sachez, toutefois, que certaines marques en contiennent sans que cela soit mentionné sur l’étiquette !)
  • utiliser moins, et/ou moins souvent, de vernis à ongles, surtout en cas de grossesse ou à l'âge de la puberté
  • éviter le contact du produit avec les cuticules.

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