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L’hyperactivité : maladie réelle ou mal du siècle ?

L’hyperactivité : maladie réelle ou mal du siècle ?

Publié le 14 novembre 2013 à 05:00

Ces enfants qui ne peuvent tenir en place sont qualifiés de turbulents… Mais cela ne cache-t-il pas une véritable pathologie ?

Qu’entend-on par hyperactivité ?

Courir, grimper, se lever même lorsqu’il faut rester assis, répondre avant la fin de la question, traverser la rue sans regarder… certains enfants semblent montés sur ressorts. Cette agitation s’accompagne très souvent de difficultés d’attention, notamment au niveau scolaire. Tous ces signes peuvent vous faire penser que votre enfant souffre de TDAH ou trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité, le plus souvent appelé hyperactivité.

Le DSM IV, manuel diagnostic et statistique des troubles mentaux, est un outil international utilisé par tous les psychiatres et psychologues. Il donne une définition très précise de cette pathologie, selon deux listes de symptômes (l’une pour l’hyperactivité, l’autre pour l’attention).

Le diagnostic d’hyperactivité sera posé  si l’enfant présente six, au moins, des symptômes répertoriés ci-après durant au mois six mois de suite :

Pour l’inattention

  • fautes d’étourderies, l’enfant ne prête aucune attention aux détails.
  • difficulté à soutenir son attention pour suivre une activité (scolaire ou autre)
  • manque d’attention lorsqu’on lui parle
  • difficulté à terminer une tâche (passe d’une activité l’autre sans rien finir)
  • difficulté à suivre des consignes
  • problèmes d’organisation
  • perte fréquentes d’objets courants (cahiers, jouets…)
  • se laisse distraire facilement par des stimulis externes
  • oublis dans la vie quotidienne.

 

Pour l’hyperactivité

  • tendance à se tortiller sur son siège, à agiter les pieds ou les mains
  • difficulté à rester assis
  • difficulté à jouer calmement
  • tendance à grimper, courir  à des moments inappropriés
  • donne l’impression d’être monté sur ressorts
  • difficultés à attendre son tour en groupe
  •          tendance à répondre de manière intempestive aux questions avant qu’elles ne soient entièrement posées
  • bavardages
  • tendance à se mêler des conversations qui ne le concernent pas.

L’hyperactivité : des causes encore mal connues

Les garçons sont 4 fois plus touchés par l’hyperactivité que les filles. De 3 à 5 % des enfants d’âge scolaire sont classés dans ce cadre.

Les causes de l’hyperactivité sont encore mal connues mais plusieurs hypothèses sont envisagées :

  • de nombreuses études laissent à penser que cette pathologie serait due à un dysfonctionnement de neuromédiateurs, notamment la noradrénaline et la dopamine.
  • on sait également que l’hérédité joue un rôle majeur : lorsqu’un des deux parents souffre d’hyperactivité, il y a 57 % de risque que son enfant en souffre également. De même, dans 8 cas sur 10,  le jumeau d’un enfant hyperactif l’est également.
  • un gène précurseur de la dopamine, le DRD4, semble également associé à l’hyperactivité.

Il a été évoqué un certain nombre de causes fondées sur des complications périnatales, ou de lésions, d’infections ou d’intoxication dans la toute petite enfance. Ainsi, pour beaucoup de spécialistes, les anciens prématurés (surtout de poids de naissance inférieur à 1,5 kg) seraient très souvent hyperactifs. De même, le tabagisme de la mère, des conditions socio-économiques défavorables, la phénylcétonurie, l’intoxication par le plomb… pourraient jouer un rôle favorisant.

Des troubles de la glycémie, ainsi qu’une carence en vitamines B ont été incriminés sans preuve.

Quels traitements et quelles prises en charge peut-on envisager ?

Attention, tous les enfants turbulents ne sont pas hyperactifs ! Il ne faut pas mettre les comportements perturbateurs ou les manques éducatifs sur le compte de cette pathologie ! Le diagnostic doit être impérativement posé par un spécialiste.

Le diagnostic précoce est important, car, bien souvent (dans 50 à 70 % des cas), l’hyperactivité est liée à d’autres troubles, comme l’anxiété, l’état dépressif, des troubles du langage, des tics… qui nécessitent également une prise en charge adaptée.

Plusieurs types de traitements peuvent être proposés :

Les médicaments : la Ritaline® (méthylphénidate), prescrite en cas de troubles sévères (qui handicapent gravement la vie de l’enfant) améliore, dans 60 à 80 % des cas, le comportement et les résultats scolaires. Ce produit fait toutefois partie de la famille des amphétamines et peut donc entraîner un certain nombre d’effets secondaires (insomnie, perte d’appétit, maux de ventre, augmentation de la tension artérielle, irritabilité…), ainsi qu’une accoutumance à long terme.

La psychothérapie et les thérapies cognitives : elles permettent à l’enfant de corriger l’image qu’il a de lui-même, de mieux comprendre sa maladie et de modifier son comportement.

Le suivi pédagogique : les enfants, souvent en difficultés scolaires, doivent pouvoir bénéficier d’un soutien à l’apprentissage et aux devoirs.

Quelques conseils complémentaires pour aider les parents :

  • ne disputez pas votre enfant sans cesse, sans pour autant lâcher prise. Sachez lui parler avec fermeté et douceur en même temps : ainsi remplacez le « arrête de crier ! » par « parle moins fort ».
  • organisez des horaires fixes pour les devoirs (en respectant régulièrement des pauses s’il l’enfant en éprouve le besoin), pour les repas, pour le coucher… un enfant hyperactif a besoin de repères.
  • définissez des actions à améliorer et en échange (comme sous forme de contrat) proposez-lui des récompenses.
  • évidemment, parlez-en à ses professeurs pour ne pas qu’il se retrouve mis au fond de la classe et étiqueté « élève turbulent , qui ne sait pas se concentrer » !
  • inscrivez-le à un sport qui nécessite le respect de règles et de la concentration : judo, escrime…
  • complimentez-le lorsque son comportement s’améliore (les enfants hyperactifs manquent de confiance en eux).

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