Vaccination contre le cancer du col de l’utérus : une étude qui devrait rassurer les jeunes filles

Vaccination contre le cancer du col de l’utérus : une étude qui devrait rassurer les jeunes filles

Publié le 14 septembre 2015 à 18:26

La vaccination contre le cancer du col de l’utérus fait l’objet de nombreuses polémiques depuis sa mise sur le marché car il est soupçonné d’être à l’origine de plusieurs maladies inflammatoires. Les résultats d’une étude menée sur plus de 2 millions de jeunes filles se veulent très rassurants.

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Des vaccins sources de polémiques

La vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) a pour objectif de protéger contre les maladies provoquées par ces virus et qui peuvent être à l’origine de lésions précancéreuses, voire cancéreuses si ce n’est pas soigné à temps, du col de l’utérus, de la vulve et du vagin, mais aussi de l’anus.

Deux vaccins contre les papillomavirus humains sont commercialisés en France : le Gardasil® et le Cervarix®.

Ces vaccins sont recommandés par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP) chez les jeunes filles entre les âges de 11 et 14 ans avec un rattrapage limité jusqu’à 19 ans.

La méfiance envers ces vaccins s’est développée ces dernières années en France, car ils sont soupçonnés de déclencher certaines maladies comme la sclérose en plaques, la polyarthrite rhumatoïde, la maladie cœliaque…

Pour étudier l’augmentation des risques de développer ces maladies inflammatoires avec cette vaccination, l’ANSM (Agence de sécurité du médicament et des produits de santé) et l’Assurance Maladie ont étudié  le cas de 2,2 millions de jeunes filles âgées de 13 à 16 ans entre janvier 2008 et décembre 2012 (environ 840 000 avaient été vaccinées et 1,4 million ne l’avait pas été).

Les jeunes filles peuvent être soulagées

Les résultats de cette étude montrent que la vaccination contre les infections à papillomavirus humains (HPV) par Gardasil ou Cervarix n’entraîne pas d’augmentation du risque global de survenue de maladies auto-immunes, confirmant ainsi les données de la littérature française et internationale.

L’étude a porté sur 14 types de pathologies (affections démyélinisantes du système nerveux central incluant la sclérose en plaques, syndrome de Guillain-Barré, lupus, sclérodermies, vascularites, polyarthrite rhumatoïde / arthrites juvéniles, myosites, syndrome de Gougerot-Sjögren, maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, maladie cœliaque, purpura thrombopénique immunologique, diabète de type 1, thyroïdites et pancréatites) : il n’y a pas d’augmentation d’incidence de ces maladies auto-immunes après vaccination.

Deux petits bémols

L’étude révèle toutefois « une association statistiquement significative » entre les vaccins et la survenue de deux maladies : les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin et le syndrome de Guillain- Barré (une affection grave et rare qui atteint les nerfs périphériques et qui peut entraîner une paralysie progressive des jambes, puis gagner les nerfs respiratoires, du cou et de la tête).

Compte tenu de la faiblesse du risque de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, les responsables de l’étude et le Comité scientifique estiment que la très faible association statistique mise en évidence ne permet pas de conclure à un sur-risque pour cette pathologie.

En revanche, pendant l’enquête, 21 cas de syndrome de Guillain-Barré sont survenus chez des filles non-vaccinées, et 19 cas chez des vaccinées (de l’ordre de 1 à 2 cas supplémentaires de syndrome de Guillain-Barré pour 100 000 jeunes filles vaccinées).

Relance des campagnes de vaccination

Les résultats de cette étude permettent donc de rassurer les jeunes filles et d’encourager les autorités sanitaires à relancer des campagnes incitant à la vaccination pour se protéger du cancer du col de l’utérus.

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