La mammographie à nouveau pointée du doigt

La mammographie à nouveau pointée du doigt

Publié le 06 mars 2014 à 08:03

Une étude canadienne relance la polémique autour de l’intérêt du dépistage organisé pour le cancer du sein en stipulant que les mammographies annuelles ne permettaient pas de réduire la mortalité par cancer du sein.

Cette étude, regroupant près de 90 000 femmes âgées de 40 à 59 ans et suivies pendant 25 ans, a montré que les femmes qui avaient subi des mammographies chaque année durant 5 ans n’avaient pas moins de risque de mourir d’un cancer du sein que celles qui n’avaient eu que des examens physiques.

Au terme des 25 ans, 500 décès étaient survenus chez les 44 925 femmes suivies par mammographies contre 505 décès chez les 44 910 femmes ayant été suivies uniquement par des examens physiques.

Les tumeurs du sein détectées étaient cependant plus nombreuses chez les personnes suivies par mammographie dès la première année d’étude (3250 contre 3113 chez l’autre groupe). De même, au bout de 5 ans, 666 cancers détectés chez les femmes sous mammographies contre 524 chez les autres. Au bout de 15 ans, un écart existait toujours avec 106 tumeurs détectées en plus chez les femmes sous mammographies.

Les auteurs de l’étude canadienne estiment que cet écart de 22 % de cancers diagnostiqués concernait des tumeurs de petite taille (1,4 cm contre 2,1 cm chez les autres femmes) au moment du diagnostic. Ces très petites tumeurs n’auraient sans doute pas eu d’impact sur la personne concernée de son vivant.

Les auteurs de cette étude canadienne relativisent néanmoins leurs conclusions, expliquant que des études effectuées dans d’autres pays donnent des résultats un peu différents : tout dépend de la méthodologie mais aussi de l’âge des femmes étudiées.

Rappelons qu’en France la mammographie est pratiquée tous les 2 ans (et non pas annuellement comme dans l’étude canadienne) à partir de 50 ans.

Le problème du surdiagnostic a été évoqué par l’Institut National du Cancer (Inca) en septembre 2013. L’utilité du dépistage n’a pas été remis en cause : « Les revues ou méta-analyses les plus récentes de ces essais randomisés s'accordent, au final, sur l'existence d'un bénéfice d'un tel programme et permettent d'estimer que la réduction de mortalité par cancer du sein est de l'ordre de 15 % à 21 %. De 150 à 300 décès par cancer du sein seraient évités pour 100 000 femmes participant régulièrement au dépistage pendant 7 à 10 ans ».