La coloscopie : indispensable dans le dépistage du cancer du côlon

La coloscopie : indispensable dans le dépistage du cancer du côlon

Publié le 28 novembre 2013 à 08:00

Comment se passe une coloscopie ? Dans quels cas est-elle préconisée ? Y-a-t’il une préparation particulière avant une coloscopie ?

Définition et indications d’une coloscopie

La coloscopie est un examen réalisé par un médecin spécialiste : le gastroentérologue.

Cet examen permet l’exploration de la paroi interne de la totalité du gros intestin, c’est-dire-dire du rectum et du côlon jusqu’à l’intestin grêle.

La coloscopie s’effectue à l’aide d’un endoscope. L’endoscope est un petit appareil composé d’un tuyau souple d’environ un centimètre de diamètre et d’un mètre cinquante de long, muni d’une fibre optique ou d’une micro-caméra reliée à un écran. Il possède une source lumineuse à l’une de ses extrémités.

Cet endoscope est introduit par l’anus et de l’air est insufflé dans l’intestin afin d’améliorer la visibilité.

A l’intérieur de ce tuyau, des micros-instruments chirurgicaux (comme des pinces ou un mini-bistouri électrique) peuvent être glissés afin de pratiquer des prélèvements en vue d’une analyse en laboratoire, ou afin de réaliser une polypectomie (ablation de polypes).

Des commandes permettent de faire pivoter l’endoscope pour aider sa progression à l’intérieur du côlon en suivant les courbures de l’intestin.

La coloscopie est un examen qui dure généralement moins d’une heure, sauf s’il révèle la présence de polypes qui devront être analysés, voire retirés.

Quand pratique-t-on une coloscopie ?

La coloscopie est l’examen de référence pour dépister un cancer du côlon car il donne des informations très précises. Rappelons que le cancer du côlon reste le premier des cancers digestifs avec encore 15 000 morts par an.

Qui doit pratiquer une coloscopie ?

Antécédents familiaux de cancer du côlon : si un parent proche (frère, sœur, parents) a eu un cancer du côlon, une coloscopie de dépistage sera proposée dès 45 ans, si la personne proche touchée a eu un cancer avant 50 ans, ou à partir de 50 ans dans les autres cas. En l’absence de symptômes, cet examen sera renouvelé tous les 5 ans. En cas de polypes détectés chez des proches, le même protocole sera appliqué.

Saignements au niveau du rectum : tout dépend de la couleur du sang : si le sang est rouge vif, la coloscopie ne sera indispensable qu’après 50 ans (car, avec du sang clair, il s’agit souvent d’un problème d’hémorroïdes) ; par contre si le sang est foncé, une coloscopie sera pratiquée quel que soit l’âge.

Présence de polypes : si des polypes ont déjà été détectés et prélevés. La fréquence des coloscopies de contrôle varie en fonction du nombre de polypes, de leur taille et de leur stade de développement. Plus la taille du polype est grande, plus le risque de transformation en tumeur maligne est important. Toutefois, il est bon de rappeler que seule une petite proportion de polypes se transforme en cancer.

Maux de ventre : si une personne souffre de maux de ventre inexpliqués, de diarrhées ou de constipation résistants aux traitements habituels, surtout après 50 ans, une coloscopie sera proposée pour explorer l’intestin.

Déroulement d’une coloscopie

Très souvent la coloscopie sera pratiquée sous anesthésie générale et en ambulatoire, c’est-à-dire que le patient rentre le matin à l’hôpital ou à la clinique et ressort dans la même journée, après quelques heures d’observation. Le patient devra être accompagné lors de sa sortie.

Une préparation stricte est nécessaire avant de pratiquer cet examen.

Tout d’abord, une pré-visite chez l’anesthésiste sera nécessaire afin de déceler les risques (problèmes respiratoires, cardiaques…) et les éventuelles contre-indications à l’utilisation de produits durant l’anesthésie et la coloscopie (problèmes allergiques).

Un régime alimentaire sans fibres ni résidus (yaourts natures, viandes maigres, poissons blancs, fromages à pâte dure… mais sans fibres, ni céréales, ni fromages fermentés, ni viandes grasses, ni fritures…) devra être suivi durant les 3 jours précédant la coloscopie. En général, le médecin remet une liste d’aliments au patient.

La veille de l’examen, le patient doit boire une préparation (2 ou 4 litres selon les produits) qui permettra d’évacuer toutes les matières fécales afin de nettoyer complètement l’intestin.

Le jour de l’examen, le patient se présente à jeun (sans manger, ni boire, ni fumer), après s’être savonné deux fois avec un savon antiseptique.

La coloscopie est-elle douloureuse ?

Cet examen n’est pas douloureux du tout, même si la préparation n’est pas très agréable car elle provoque une diarrhée qui va durer quelques heures.

Existe-t-il des risques lors d’une coloscopie ?

Le risque majeur (bien qu’extrêmement rare, 1 cas sur 1000) reste la perforation du côlon par l’endoscope, surtout en cas de présence de nombreux polypes. Cette complication nécessite une intervention d’urgence : il faut donc prévenir rapidement votre médecin en de douleurs importantes, de saignements intenses qui surviennent à la suite d’une coloscopie.