Le travail de nuit accélère le vieillissement

Le travail de nuit accélère le vieillissement

Publié le 06 novembre 2014 à 13:21

Le travail de nuit ou en horaires décalé aurait des effets néfastes pour la santé : vieillissement cognitif accéléré, développement de maladies graves (cancer, sclérose en plaque)…

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Un déclin cognitif accéléré

Une étude franco-britannique, parue dans la revue médicale Occupational and Environmental Medicine, montre que les horaires décalés ou le travail de nuit ont des effets néfastes sur la santé et notamment sur le vieillissement cognitif.

Pendant 10 ans, les chercheurs ont suivi 3 000 salariés du sud de la France, âgés de 32 à 62 ans au début de l’étude. La moitié de ces salariés travaillaient en horaires décalés au moins 50 jours par an.

Leurs capacités cognitives (attention, mémoire, vitesse de réaction…) ont été mesurées à 3 reprises : en 1996, en 2001 et en 2006.

Résultats : les résultats ont révélé que les personnes travaillant en horaires décalés pendant au moins 10 ans présentaient un déclin cognitif (processus naturel de vieillissement) nettement plus rapide que les autres (ce déclin correspondant à un vieillissement cognitif de 6,5 ans supérieur).

L’étude a également permis de montrer que les effets négatifs sur les capacités cognitives persistaient au moins 5 ans après l’arrêt du travail, tout en étant variable d’un individu à l’autre.

Des risques très graves pour la santé

Le travail en horaires décalés avait déjà fait l’objet de plusieurs recherches et les résultats de ces différentes études avaient notamment permis de classer « cancérogène  probable » par l’IARC (Centre International de Recherche contre le Cancer) et l’OMS, en 2007, le travail posté de nuit, c’est-à-dire avec des alternances irrégulières de périodes de travail nuit-jour, en raison des effets perturbants sur le rythme biologique.

Une étude française datant de 2012 avait également montré un risque accru de 30 % de développer un cancer du sein chez les femmes travaillant de nuit.

De même, une étude suédoise parue en 2011 faisait était d’un risque multiplié par 2 de développer une sclérose en plaques chez les jeunes qui travaillaient de nuit.

Une surveillance médicale accrue

Au vu des résultats de toutes ces études, les scientifiques préconisent une surveillance médicale personnalisée pour toutes les personnes qui travaillent en horaires décalés afin de détecter l’apparition d’éventuels problèmes graves de santé.

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