Gaz, spasmes, diarrhées : les solutions naturelles pour soulager le "syndrome de l’intestin irritable"

Gaz, spasmes, diarrhées : les solutions naturelles pour soulager le

Publié le 03 mars 2016 à 10:35

Le syndrome de l’intestin irritable est très courant dans la population et notamment chez les femmes. Est-ce grave ? Et comment se débarrasser naturellement de ces problèmes de ballonnements, gaz, diarrhées, constipation, maux de ventre… sans avoir recours sans cesse à des médicaments ?

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1 personne sur 5 souffrirait du « Syndrome de l’intestin irritable » 

Qui ne s'est jamais senti le ventre ballonné, douloureux, perclus de gaz ? Qui n'a fait ressenti une sensation de ventre gonflé, lourd, après un repas entre amis ? Ce ventre gonflé s’accompagne parfois de gaz, de douleurs diffuses, lancinantes qui se terminent par un problème de diarrhée ou, à l’inverse, par un blocage, inconfortable, qui dure : la constipation.

Ces épisodes d'un jour peuvent prêter à rire, entre soi. Mais quand ils se produisent régulièrement, en alternance, et sans que l'on sache pourquoi, cela devient maladif. On s'inquiète.

Consulté, le médecin ne décèle rien de grave alors il vous rassure en vous expliquant que vous souffrez de troubles digestifs « fonctionnels » et si l'inconfort est quotidien ou presque vous êtes probablement atteint(e) du syndrome de l'intestin irritable (SII), appelé aussi « syndrome du côlon irritable » ou plus souvent « colopathie fonctionnelle ».

« Syndrome de l'intestin irritable » : cela sonne comme une maladie rare, pourtant ce problème arrive bien plus souvent qu'on le pense car ceux et celles qui souffrent de gaz, de ballonnements, de douleurs abdominales, de crampes… à répétition s'en plaignent rarement auprès des amis ou collègues. Pourtant, on estime qu’une personne sur cinq souffrirait de ce problème.

Les femmes plus souvent touchées

Le syndrome de l’intestin irritable touche particulièrement le genre féminin : les femmes, principalement autour de la trentaine, sont 2 à 3 fois plus concernées (comme les personnes trop nerveuses, d’ailleurs).

Les symptômes apparaissent généralement à l'adolescence (où l'on observe un premier pic) puis s'installent graduellement chez l'adulte jeune (second pic). Cela commence par des gaz, des ballonnements, des douleurs au ventre répétées. Apparaissent ensuite des diarrhées violentes ou des épisodes de constipation, ou l'alternance des deux.

Le plus souvent, ces troubles digestifs fluctuent : ils peuvent être intenses et journaliers pendant une semaine, un mois, deux mois... disparaître plus ou moins, puis se réveiller à nouveau. Chez les femmes, ils s'aggravent souvent au moment des menstruations. Mais les personnes les plus atteintes les supportent au quotidien, et toute leur vie.

Des causes mal connues, mais sans gravité

Médicalement parlant, il n'y a pas à s'inquiéter d'un syndrome de l’intestin irritable. Ce n'est pas une maladie intestinale : il n'y a pas d'inflammation grave des muqueuses comme dans la maladie de Crohn ou la colite ulcéreuse. Pas de parasite incriminé. Les tissus et la structure de l'intestin ne seraient pas atteints et les risques de cancers digestifs (colorectal notamment), ne seraient pas accrus.

On évoque une sensibilité, une susceptibilité particulière des intestins, des contractions plus prononcées que la normale, des causes hormonales (d'où la vulnérabilité féminine), des séquelles d'infection gastro-intestinale, l'anxiété et le stress... Mais tout cela reste à l'état d'hypothèses.

On connaît un peu mieux les facteurs déclenchant ou aggravant : le stress, par exemple, ne serait pas une cause comme on a l'a cru mais un facteur aggravant.

Pas de traitement, mais plein de médicaments

Comme ce n’est pas vraiment une maladie et qu’on n’en connait pas les causes, le syndrome de l’intestin irritable reste un vrai problème pour les médecins et pour les malades.

La plupart du temps, le médecin prescrit un médicament par symptôme afin de soulager le patient : un médicament pour soulager les douleurs du ventre, un pour absorber les gaz, un pour stopper la diarrhée et parfois même encore un autre pour lutter contre le stress. Bref, beaucoup de médicaments qui soulagent certes, mais qui ne sont pas sans effets secondaires !

Alors pourquoi ne pas tenter des solutions plus naturelles ?

Des solutions douces pour souffler un peu

En effet, pour éviter toutes ces prises de médicaments, des solutions douces ou naturelles peuvent soulager certains symptômes.

Pour les spasmes :

  • Les remèdes homéopathiques donnent parfois de très bons résultats : Colocynthis 5 CH (quand on est plié en deux), Cuprum Metallicum 5 CH associé à Belladonna 5 CH et Raphanus 5 CH (quand ballonnements et gaz les accompagnent).
  • L'huile essentielle de menthe poivrée ou celle de Basilic ont montré une efficacité antispasmodique comparable au Dicetel® (un classique de l'allopathie) : la capacité de l’huile essentielle de menthe à soulager les symptômes du syndrome de l’intestin irritable est même reconnue par la Commission européenne.

Pour régulariser le transit (diarrhée et constipation) :

  • La myrtille est parfaite face aux diarrhées. En décoction (baies) ou en jus, elle resserre les tissus et enraye (vite) l'emballement intestinal.
  • Le charbon activé absorbe les gaz et régularise le transit en nettoyant le conduit intestinal.
  • L'argile verte (que l'on peut associer au charbon activé) apaise les petites inflammations et reminéralise les tissus.
  • La propolis ou l'extrait de pépins de pamplemousse renforcent la flore intestinale et stomacale (et la purifient).
  • Le psyllium adoucit la muqueuse intestinale par son apport en fibres bien toléré, comme les graines de lin (également reconnues par les autorités européennes pour leur effet calmant) et leurs fibres solubles, douces.
  • Certaines familles de probiotiques calment et soutiennent l'intestin tout en diminuant les épisodes douloureux, les ballonnements et les flatulences. Les plus efficaces à l'une des dernières études seraient : Lactobacillus rhamnosus GG, Lactobacillus plantarum, Bifidobacterium infantis, Streptococcus faecium, Streptococcus thremophilus, Saccharomyces boulardii.

Pour l'anxiété et le stress :

L'hypnothérapie, les techniques de relaxation, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), la sophrologie… aident à surmonter les ruminations et l'état anxieux, modifient la perception de la douleur et les habitudes de défécation. Des tests positifs l'ont confirmé.

Des tisanes aux multiples vertus

Pensez avant tout aux tisanes à base de plantes amères ! Drainantes, dépuratives, anti-inflammatoires, antispasmodiques (chardon-Marie, camomille, curcuma...), ces tisanes répondent bien au quotidien des troubles digestifs fonctionnels.

Le remède est également dans l’assiette

Les aliments impliqués dans ce syndrome de l'intestin irritable ne sont pas les mêmes pour tous mais tous contiennent des glucides ! Et le seul fait d'éviter ces glucides soulage dans 75% des cas. De quoi s'agit-il ? De glucides fermentescibles, baptisés FODMAPs.

Voici ces ennemis potentiels regroupés sous l'acronyme barbare FODMAP : F = Fermentable (fermentescibles), O = Oligosaccharides (fructanes et galacto-oligo-saccharides), D = Disaccharides (lactose), M = Monosaccharides (fructose en excès du glucose), A = And (et) P = Polyols (sorbitol, mannitol, xylitol et maltitol).

Ce vocable technique ne vous parle peut-être pas. Il s'agit en fait de sucres à chaînes courtes dont la particularité est d'être difficilement digestibles. Du coup, ces sucres parviennent parfois quasi intacts dans l'intestin où ils pourrissent. Les bactéries-hôtes s'en nourrissent, les fragmentent, les fermentent. D'où une distension du côlon et la production de gaz, premier symptôme du SII, qui entraîne des ballonnements...

Chez certaines personnes les intestins sont irrités par la plupart de ces sucres, chez d'autres par une partie seulement, voire un seul sucre (qui suffit à déclencher cette fermentation malvenue) et le degré d'irritabilité dépend des doses. La variabilité des symptômes et de l'intensité du syndrome de l’intestin irritable s'explique ainsi.

Comment éviter cette ribambelle de sucres ?

Les FODMAPs se cachent partout dans notre alimentation à l'exception des viandes, des œufs, et des noix (sauf pistache et noix de cajou).

On les trouve notamment dans quantité de fruits (pomme, poire, abricot, cerise, avocat, prune, nectarine, mangue, grenade, figue, fruits en conserve, séchés...) et de jus de fruits, dans le miel, dans tous les produits laitiers et les fromages à pâte molle, dans quantité de légumes (ail, oignon, brocoli, choux...), dans la plupart des légumineuses (pois chiches, haricots rouges, lentilles, fèves de soya...), dans les céréales (blé, seigle, orge...), dans les alcools (cidre, rhum, et particulièrement les plus sucrés, Porto, Ricard, Muscat...), dans les édulcorants (des chewing-gums anti-carie par exemple), dans le pissenlit, la chicorée, les pistaches...

Certains aliments, bien identifiés, sont d'emblée à éliminer, c'est le cas de l'oignon impliqué dans 99% des cas de syndrome de l’intestin irritable ou de l'ail, de la pomme, de la poire, du blé, de l'orge, du seigle...

Mais alors, comment s’y retrouver ?

C’est un peu à chacun, chacune d’identifier les aliments qui irritent ses intestins et de les éliminer.

Ce qu’il est conseillé de faire est de commencer par faire une diète faible en FODMAPs en éliminant autant que possible tous ces aliments pendant 8 semaines au moins, le temps de retrouver l'équilibre intestinal.

Puis il faut réintroduire dans son alimentation ces familles de FODMAPs, étape par étape, une à une : c'est le seul moyen d'identifier les mauvais aliments pour soi dans la liste des suspects. Chez certaines personnes, cette identification est rapide et simple, pour d'autres cette phase de réintroduction et d'évaluation peut durer plusieurs semaines et peut même nécessiter l'aide d'un nutritionniste. C'est bien fastidieux, mais cette méthode peut rapidement apporter un mieux dans le cas d'un syndrome d’intestin irritable.

Astuce 

A tester en priorité : le lactose (le manque de lactase, l'enzyme servant à sa digestion, est répandu dans la population), les oligosaccharides connus sous le terme de « FOS » ou fructo-oligosaccharides (oignon, ail, inuline, blé...), le fructose (1 personne sur 3 l'absorbe mal).

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