Hépatites : renforcement du dépistage et de la vaccination

Hépatites : renforcement du dépistage et de la vaccination

Publié le 19 mai 2014 à 16:30

En France, 500 000 personnes sont atteintes d’une hépatite, mais seulement la moitié d’entre elles le savent. Pourtant, les hépatites peuvent conduire à un cancer du foie ou à une cirrhose ! Un meilleur dépistage, une vaccination renforcée pour sauver des vies… On fait le point sur les nouvelles recommandations des Autorités de santé.

Hépatites : de nouvelles recommandations

On estime à environ 500 000 le nombre de français atteints par les virus de l’hépatite B et de l’hépatite C. Ces virus sont responsables d’environ 4 000 décès par an.

Lorsque ces infections ne sont pas dépistées et traitées, elles peuvent évoluer vers le cancer du foie ou la cirrhose.

Il est donc important de renforcer la prévention, le dépistage et la prise en charge, notamment parmi les populations les plus vulnérables (détenus, drogués, homosexuels…). 

C’est pour cette raison, que Marisol Touraine, ministre de la santé, avait demandé un rapport de recommandations vis-à-vis des hépatites en janvier 2013. Les résultats de ce rapport, coordonné par le Professeur Dhumeaux sous l’égide de l’ANRS (Association nationale de recherche sur le sida et les hépatites), de l’ AFEF (Association française pour l’étude du foie) ont été remis au gouvernement ce lundi 19 mai 2014.

Un meilleur dépistage

 La moitié des 300 000 personnes atteintes d’hépatite B et un tiers des 200 000 atteintes d’hépatite C ignorent qu’elles sont malades.

Le rapport préconise donc d’élargir le dépistage aux hommes âgés de 18 à 60 ans et aux femmes enceintes dès leur première consultation prénatale (en couplant le dépistage du VIH à celui des hépatites).

Renforcer la vaccination contre l’hépatite B

Depuis 1994, la vaccination contre l’hépatite B est proposée à toutes les personnes à risque élevé d’exposition (personnel soignant, multi partenaires sexuels, personnes utilisant de la drogue…), ainsi qu’aux nourrissons et aux adolescents jusqu’à 15 ans. Pourtant, le taux de couverture chez ces populations est nettement insuffisant.

Si la vaccination des nourrissons est en nette augmentation, celle des adolescents est gravement insuffisante en raison de la polémique sur un lien supposé avec la survenue de sclérose en plaques : ce lien n’a jamais été confirmé par aucune étude scientifique.

Le rapport préconise donc de renforcer les efforts de vaccination chez les nourrissons et de profiter de tout contact avec un médecin pour proposer une vaccination aux enfants et aux adolescents. La vaccination du personnel de santé doit également être renforcée.

Des traitements de plus en plus efficaces

De nouveaux traitements contre l’hépatite C permettent d’obtenir un taux de guérison très élevé (90%) avec des durées de traitement courtes (3 mois).

Dans le traitement de l’hépatite B, de grands progrès ont également été effectués puisque les nouveaux traitements permettent de contrôler l’infection de façon très efficace.

Le rapport préconise de pouvoir traiter, à terme, tous les malades atteints d’hépatite C, mais les études-coûts visent à privilégier, aujourd’hui, les patients les plus à risque, c’est-à-dire, ceux qui ont déjà une fibrose au niveau du foie.