Toux sèche, toux grasse : des traitements différents

Toux sèche,  toux grasse : des traitements différents

Publié le 09 janvier 2014 à 11:00

Saviez-vous que les traitements contre la toux sèche sont très différents de ceux utilisés contre la toux grasse ?

Savoir faire la différence entre une toux sèche et une toux grasse

La toux n’a rien d’anormal après un rhume ou une grippe, elle est juste synonyme d’une irritation de l’appareil respiratoire.

La toux permet à notre organisme de se défendre, de se débarrasser des poussières, corps étrangers, germes, mucus qui tentent de descendre dans les poumons.

La toux grasse

La toux grasse est une toux productive, c’est-à-dire, qu’elle évacue les sécrétions contenues dans le poumon. Ces sécrétions se présentent sous forme d’un liquide épais et collant, composé essentiellement d’eau et de mucus.

Les sirops qui seront prescrits pour ce type de toux, sont dits fluidifiants car ils vont faciliter l’évacuation des sécrétions par les glaires et les crachats afin de nettoyer les bronches.

Très souvent, on retrouve cette toux en fin de rhume, de grippe ou en cas de bronchite.

Dans la majorité des cas, la toux grasse disparaît en 7 à 10 jours, sauf dans les cas de tabagisme ou de pollution importante.

La toux sèche

La toux sèche, comme son nom l’indique, ne produit pas de sécrétions (il n’y a pas de mucus au niveau des poumons).

Cette toux est provoquée par une irritation des voies respiratoires. Elle se manifeste parfois en début de rhume ou à l’occasion d’allergie saisonnière.

Cette toux peut devenir vite douloureuse et fatigante, car elle s’auto-entretient (plus on tousse, plus on a envie de tousser).

Certaines toux sèches nécessiteront une consultation médicale :

  • lorsque cette toux devient rauque, comme aboyante, il s’agira peut-être d’une laryngite.
  • une toux sèche, par quintes, persistante, qui peut aller jusqu’aux vomissements peut parfois être une coqueluche.
  • certains traitements médicamenteux (notamment contre l’hypertension) peuvent engendrer une toux sèche persistante.
  • une toux nocturne (ou au moment du coucher) peut faire penser à un problème de reflux gastro-œsophagien.

Bien choisir son traitement en fonction du type de toux

Les traitements contre la toux sèche

L’objectif de ces sirops est de diminuer le réflexe de tousser. Ils agissent sur le centre de commande de la toux situé dans le bulbe du cerveau, et ainsi abolissent le réflexe de la toux. Attention, ce type de sirop ne doit absolument pas être utilisé en cas de toux grasse car ils peuvent être très néfastes et entraîner un encombrement bronchique.

Il existe plusieurs types de sirops pour lutter contre la toux sèche, et notamment, les sirops à base de codéine (Dinacode®, Euphon®), de codéthylline (Végétosérum®), de pholcodine (Biocalyptol®), de dextrométhorphane (Clarix®), de noscapine (Tussisédal®)…

Ces sirops sont très efficaces, mais doivent être utilisés avec précaution en raison de leurs nombreux effets secondaires (somnolence, constipation, nausées, vertiges…).

Ils sont contre-indiqués chez les asthmatiques, les enfants de moins de 30 mois et les femmes enceintes.

On utilise également, contre la toux sèche, des sirops antihistaminiques à base d’alimémazine (Théralène®), de prométhazine (Rhinathiol®, Néo-codion®) ou d’oxomémazine (Toplexil®)…  

Ces sirops sont à utiliser avec prudence, car ils entraînent un fort effet de somnolence ou de confusion mentale chez les personnes âgées.

Ils sont contre-indiqués chez l’enfant de moins de 1 an et en début de grossesse.

Les traitements contre la toux grasse

Les fluidifiants bronchiques se présentent sous forme de sirops, mais aussi de sachets, de comprimés. Ces fluidifiants contiennent de l’acétylcystéine (Mucomyst®, Exomuc®), de la carbocystéine (Bronchokod®, Rhinathiol®), de l’ambroxol (Muxol®, Surbronc®)…

Ces sirops sont à utiliser avec précaution en cas de douleurs gastriques, et contre-indiqués en début de grossesse ou chez la femme allaitante.

Des traitements plus naturels contre la toux

Les tisanes

Pour la toux sèche, on pourra préparer une infusion pour calmer l’inflammation à base d’eucalyptus, de lierre terrestre et de plantain en mettant une cuillère à soupe de ce mélange dans un bol d’eau chaude 3 fois par jour. La feuille de cassis est également un bon anti-inflammatoire et permet également de calmer les toux rauques (1 cuillère à soupe par tasse).

Pour la toux grasse, la mauve et la guimauve contiennent des mucilages adoucissants qui facilitent l’expectoration : faire infuser une poignée de ces plantes dans 1 litre d’eau bouillante pendant 10 minutes, filtrer et boire 5 à 6 tasses par jour (avec du miel). Les fleurs de bouillon-blanc, fluidifiantes et expectorantes, sont également très efficaces dans ce type de toux.

Les huiles essentielles

Pour la toux sèche, les huiles essentielles de cyprès et d’origan, mélangées dans une cuillère à café de miel, 3 fois par jour, seront calmantes.

Pour la toux grasse, on préférera les huiles essentielles d’eucalyptus radié ou de myrte rouge diluées dans de l’huile de macadamia, en application sur le thorax, 2 à 3 fois par jour.

Pour les deux toux, on pourra utiliser l’huile essentielle d’eucalyptus globulus pour améliorer la gène respiratoire.

L’homéopathie

Pour la toux sèche, on utilisera  Rumex crispus 5CH, 5 granules au rythme des quintes, pour les toux avec irritations incessantes (chatouillement permanent au dessus du sternum) et aggravées par l’air froid, Bryonia 9CH, 5 granules au rythme des quintes, lorsque les muqueuses sont très sèches (soif intense), ou Drosera 15 CH, 5 granules le soir au coucher, quand la toux est aggravée en position allongée, en parlant, mangeant ou buvant et qu’elle s’accompagne d’un chatouillement laryngé (comme par une plume).

Pour la toux grasse, on utilisera Antimonium tartaricum 9 CH, 5 granules 2 à 4 fois par jour, en cas de difficultés d’expectoration pour éliminer le mucus et Ipeca 9 CH, 5 granules 2 à 4 fois par jour, si les bronches sont très encombrées, avec parfois une toux accompagnée de nausées ou vomissements.