Bientôt des médicaments en vente en grande surface ?

Bientôt des médicaments en vente en grande surface ?

Publié le 29 juillet 2014 à 09:07

Un rapport de l’Inspection Générale des Finances préconise la vente de certains médicaments en grande surface.

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Pour une baisse des prix

L’Inspection Générale des Finances (IGF) préconise la fin du monopole des pharmaciens pour la vente de certains médicaments. Elle estime que la vente de ces produits en grande surface, sous la surveillance d’un pharmacien, ferait baisser les prix.

Tous les médicaments ne sont évidemment pas concernés par ce rapport : l’IGF précise qu’il s’agit des médicaments dont la prescription est facultative. Ceux-ci se répertorient en 2 catégories :

  • les médicaments non remboursables (comme le Nurofen®, le Fervex®....) : dans ce cas, l’IGF estime que la mise en vente de ces produits en grande surface et donc l’ouverture à la concurrence ferait baisser les prix. L’IGF note notamment que le prix de ces médicaments a augmenté 2 fois plus vite que le coût de la vie depuis 15 ans.
  • les médicaments remboursables comme le Doliprane®, le Spasfon® ou l’Aspégic® avec des prix fixés par le gouvernement. Dans ce dernier cas, les médicaments, pour être ouverts à la concurrence des prix, devront être déremboursés (car un médicament remboursable a un prix bien déterminé et invariable d’une pharmacie à l’autre, et donc invariable également pour la grande surface).

Comment cela se passe-t-il en Europe ?

Outre la France, en Europe, 4 autres pays réservent encore la vente des médicaments aux pharmaciens : Espagne, Belgique, Luxembourg et Belgique.

L’exemple de l’Italie est souvent donné où l’ouverture de la vente des médicaments a été adoptée en 2006 : la diminution moyenne du prix des médicaments a été de 25 % dans les supermarchés.

Toutefois, il convient de relativiser, car le Nurofen® reste 2 à 3 fois plus cher même en grande surface en Italie par rapport à la France. En effet, la France fait partie des pays où les médicaments vendus en pharmacie sont les moins chers.

D’ailleurs, de nombreux produits déjà passés en grande surface ne sont pas forcément plus chers en pharmacie qu’en grande surface (couches pour bébé, lait pour bébé, brosses à dent, dentifrice…).

Liberté d’installation pour les pharmaciens

Le rapport de l’IGS émet également d’autres recommandations :

  • Fin du numerus clausus pour les étudiants en pharmacie : jusqu’à présent, un nombre bien précis d’étudiants pouvaient accéder aux études en pharmacie après le concours de première année. L’IGF souhaite supprimer ce numérus clausus. En effet, avec l’arrivée des pharmaciens formés ailleurs en Europe, ce numérus clausus n’a plus lieu d’être.
  • Liberté d’installation totale : jusqu’à aujourd’hui, une pharmacie ne pouvait ouvrir qu’en fonction du nombre d’habitants aux alentours. Le risque de liberté totale d’installation est de voir une concentration de pharmacies dans les zones agréables et dynamiques et une désertification de certaines zones rurales.
  • Ouverture du capital des officines à des investisseurs extérieurs (comme les assurances par exemple) : jusqu’à présent, seul un pharmacien peut acheter une officine. L’ouverture du capital des pharmacies à des grands groupes risquerait d’accroître le phénomène de désertification médicale. En effet, les grands groupes cherchent toujours un retour sur investissement et une certaine rentabilité, ils seront donc peu enclins à développer des petites pharmacies rurales.

A quand les médicaments en grande surface ? Affaire à suivre !

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