Tout sur la thyroïde, une glande qui gère l’organisme

Tout sur la thyroïde, une glande qui gère l’organisme

Publié le 27 mai 2014 à 13:00

Un point sur la thyroïde, cette toute petite glande située à la base de notre cou, qui se comporte pourtant comme un véritable chef d’orchestre pour tout notre organisme : quand elle fonctionne mal, rien ne va plus.

A quoi sert la thyroïde ?

La thyroïde est une petite glande située à la base du cou.

Elle pèse environ 20 gr et a la forme d’un papillon, avec 2 lobes d’environ 5 cm de haut sur 2 cm de large.

Une thyroïde normale n’est pas visible mais est accessible à la palpation.

Elle sécrète des hormones indispensables au bon fonctionnement de tout l’organisme. Ces hormones thyroïdiennes sont principalement la T3 (tri-iodothyronine) et la T4 (thyroxine). Elles régissent un bon nombre de fonction de l’organisme : activités cardiaque et cérébrale, croissance osseuse, humeur, sexualité, poids, métabolisme de base.

Une autre glande située sous le cerveau, l’hypophyse, interagit avec la thyroïde. Elle sécrète la TSH, une hormone qui commande la sécrétion des hormones thyroïdiennes T3 et T4.

La TSH et les T3 et T4 sont intimement liées car la sécrétion de TSH est elle-même régie par le taux de T4 et T3 circulant dans le sang.

Problèmes de thyroïde : les symptômes

En France, environ 6 millions de personnes souffrent de troubles de la thyroïde, en particulier les femmes.

L’hyperthyroïdie

On parle d’hyperthyroïdie, lorsque la thyroïde sécrète trop d’hormones thyroïdiennes (T3 et T4).

Le métabolisme de l’organisme est accéléré, entraînant les symptômes suivants :

  • Accélération du rythme cardiaque,
  • Amaigrissement malgré un appétit augmenté,
  • Tremblements,
  • Diarrhées,
  • Transpiration,
  • Nervosité, irritabilité, insomnie, dépression : il existe un très grand nombre de récepteurs sensibles aux hormones thyroïdiennes dans le cerveau ; une activité trop forte de la thyroïde peut entraîner une anxiété, une instabilité de l’humeur, voire une dépression.
  • Troubles de la fertilité, problèmes de règles : les hormones thyroïdiennes agissent directement sur les hormones ovariennes et sur la formation du sperme.

L’hyperthyroïdie la plus courante est la thyroïdie de Basedow qui concerne 1% de la population : les malades ont tous les symptômes cités ci-dessus, ainsi que des yeux exorbités.

L’hypothyroïdie

On parle d’hypothyroïdie, lorsque la thyroïde ne sécrète pas assez d’hormones thyroïdiennes.

Le métabolisme de l’organisme est ralenti, entraînant les symptômes suivants :

  • Ralentissement du rythme cardiaque
  • Prise de poids inexpliquée : les hormones thyroïdiennes agissent sur le métabolisme des graisses, des sucres et des protéines ; en cas de baisse d’activité thyroïdienne, le métabolisme est ralenti : la digestion est difficile, le corps fonctionne en brûlant moins d’énergie, et donc, on grossit sans manger davantage.
  • Constipation
  • Frilosité : en cas de baisse d’activité de la thyroïde, le métabolisme est ralenti avec une diminution de la température du corps.
  • Sècheresse de la peau, des cheveux, des yeux…
  • Fatigue, dépression, baisse des facultés intellectuelles : comme il existe de nombreux récepteurs sensibles aux hormones thyroïdiennes dans le cerveau, un fonctionnement ralenti de la thyroïde provoque fréquemment un manque d’intérêt généralisé, voire une dépression.
  • Parfois également des troubles de fertilité : les hormones thyroïdiennes agissent sur les hormones ovariennes et sur la formation du sperme. Elles influencent également la libido.

En France, un enfant sur 4 naît avec une hypothyroïdie congénitale (la thyroïde ne produit pas assez d’hormones thyroïdiennes dès la naissance). Depuis 1978, un dépistage systématique est effectué à la naissance par prélèvement d’une goutte de sang sur le talon du bébé : ainsi un traitement adapté peut être administré rapidement.

L’hypothyroïdie la plus courante (20 % des cas d’hypothyroïdie) s’appelle l’hypothyroïdie de Hashimoto : le dérèglement de la thyroïde est lié à une maladie auto-immune, avec la présence d’anticorps antithyroïdiens dans le sang.

La thyroïdite

La thyroïdite est une inflammation transitoire de la thyroïde provoquée par un virus, la grossesse ou un stress.

Le goitre

Le goitre correspond à une augmentation anormale de la taille de la thyroïde (on peut alors voir une masse à la base du cou).

Les nodules

Les nodules sont de petites tumeurs de la thyroïde, le plus souvent bénignes, découvertes généralement à la palpation. Il existe deux types de nodules :

  • Les nodules chauds : ils représentent 10% des nodules thyroïdiens et ne sont jamais cancéreux. Ils peuvent s’accompagner de signes d’hyperthyroïdie car ils ont tendance à fabriquer des quantités excessives d’hormones thyroïdiennes.
  • Les nodules froids : ils sont les plus fréquents et peuvent devenir cancéreux dans 5 à 10 % des cas.

Problèmes de thyroïde : le diagnostic

Dysfonctionnement de la thyroïde

En cas de doute sur le fonctionnement de la thyroïde (hyperthyroïdie ou hypothyroïdie), une prise de sang est prescrite.

Elle permet de doser les hormones thyroïdiennes (T3 et T4) présentes dans la circulation sanguine. Si leur taux est trop bas, on est en présence d’une hypothyroïdie, si leur taux est trop haut, il s’agit d’une hyperthyroïdie.

Un dosage de TSH (hormone qui stimule la thyroïde) est également effectué.

En cas de suspicion d’un cancer médullaire de la thyroïde ou d’une néoplasie endocrinienne, un dosage de calcitonine sera demandé par le médecin.

Pour les goitres et les nodules

L’échographie permet de dépister avec précision la présence de nodules et notamment leur taille et leur forme.

La scintigraphie permet, après une injection d’une petite quantité d’iode radioactif, de faire la différence entre un nodule chaud et un nodule froid. Les nodules chauds absorbent très bien l’iode radioactif, tandis que les nodules froids l’absorbent très mal.

La cytoponction permet, grâce à une aiguille très fine, de prélever quelques cellules à l’intérieur d’un nodule froid pour vérifier s’il est cancéreux ou non.

Problèmes de thyroïde : la prévention

Il n’est pas possible de prévenir l’apparition de la maladie pour le cas des dysfonctionnements thyroïdiens d’origine génétique. Par contre, on peut essayer d’agir sur les facteurs aggravants :

  • Eviter le tabagisme : le taux de T4 est souvent plus élevé chez les fumeurs, avec une accentuation des complications liées à cette hyperthyroïdie (notamment certains problèmes de sécheresse oculaire).
  • Privilégier les aliments riches en iode (l’iode est indispensable pour un bon fonctionnement de la thyroïde) : à l’heure actuelle, le sel de table est supplémenté en iode (ce qui évite la plupart des carences importantes), mais il est conseillé de consommer régulièrement des produits de la mer, des œufs, du soja, des produits laitiers… tous riches en iode.

Attention toutefois de ne pas tomber dans l’excès inverse : un excès d’iode peut conduire à une hyperthyroïdie.

  • Préférer les produits bio qui ne contiennent pas de perturbateurs endocriniens (produits qui interfèrent avec tous les systèmes hormonaux de notre organisme, et notamment avec les hormones thyroïdiennes).  Les produits bio permettent d’éviter généralement les pesticides, les bisphénols A, les métaux lourds….
  • Retirer le gluten de son alimentation : chez les personnes atteintes d’hypothyroïdie due à une maladie auto-immune (hypothyroïdie d’Hashimoto), le gluten semble stimuler un état inflammatoire qui aggrave l’attaque auto-immune de la thyroïde et sa destruction.

Problèmes de thyroïde : les traitements

L’hyperthyroïdie

Le traitement repose le plus souvent sur la prise d’antithyroïdiens de synthèse (Thyrozol® et Néo-Mercazole®) qui vont bloquer la sécrétion des hormones thyroïdiennes. L’adaptation des doses peut prendre plusieurs semaines et nécessite des prises de sang répétées.

L’hypothyroïdie

Le traitement repose sur la prise quotidienne et à vie d’hormones thyroïdiennes (Lévothyrox®, lévothyroxine). L’adaptation des doses pourra également prendre plusieurs semaines.

Le goitre

Selon le volume et la gêne qu’il provoque (troubles respiratoires, gêne à la déglutition, altération de la voix), il pourra est traité par chirurgie ou non.

Les nodules

Lorsque le nodule est cancéreux, le chirurgien essaie, dans la mesure du possible, de ne pas enlever toute la thyroïde : il privilégie la lobectomie, en n’ôtant que le lobe thyroïdien où se situe le nodule. Dans 8 cas sur 10, la thyroïde va retrouver un fonctionnement normal, ce qui évitera au malade de prendre des hormones thyroïdiennes tout le reste de sa vie.

Lorsque le nodule n’est pas cancéreux, il sera contrôlé tous les 6 mois (ou tous les ans) afin de surveiller son évolution.

Si le nodule mesure plus de 40 mm, même s’il est bénin, le médecin opte souvent pour une solution chirurgicale : en effet, des nodules trop volumineux peuvent entraîner diverses complications (compression de la trachée, hémorragie…).