Zika : des éclaircissements sur un virus qui fait peur

Zika : des éclaircissements sur un virus qui fait peur

Publié le 04 février 2016 à 10:29

Face à la propagation spectaculaire du virus Zika, la peur commence à s’installer un peu partout. Alors que 5 cas ont déjà été recensés en France métropolitaine, Clic Bien-être a décidé de faire un point sur ce virus qui inquiète.

23 pays touchés à ce jour

Le Zika Virus est un virus de la même famille que la dengue ou la fièvre jaune, transmis essentiellement à l’Homme par le moustique tigre (Aedes).

Ces derniers mois, une circulation active du virus Zika a émergé dans les régions tropicales, notamment sur le continent américain (1,5 million de personnes ont déjà été touchées au Brésil), y compris dans les départements français d’Amérique (Martinique, Guyane, Guadeloupe) et à Saint Martin. Des cas importés ont même été identifiés en Europe, dont 5 en France métropolitaine.

Le virus se propage de plus en plus (23 pays sont maintenant touchés), et depuis le 1er février 2016, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a d'ailleurs décrété que l'épidémie de Zika était « une urgence de santé publique de portée mondiale ».

Pas de symptôme dans 80 % des cas

Dans une très grande majorité des cas, l’infection due au virus Zika provoque peu de symptômes voire l’absence de symptôme (80% des cas).

Quand des signes cliniques apparaissent, ils se manifestent dans les 3 à 12 jours après la transmission du virus. Ces symptômes se caractérisent souvent par une éruption cutanée avec ou sans fièvre même modérée.

D’autres symptômes peuvent également être retrouvés, comme de la fatigue, des douleurs musculaires et articulaires, une conjonctivite, des maux de tête et des douleurs derrière les yeux.

Danger pour les fœtus

Toutefois, il peut arriver que des complications neurologiques plus graves apparaissent, de type syndrome de Guillain-Barré (atteinte nerveuse qui entraîne une paralysie progressive).

Par ailleurs, la propagation du virus s’est accompagnée d’une hausse brutale du nombre de nouveau-nés atteints de malformations congénitales et d’atteintes neurologiques. Même si la preuve n’est pas encore formellement établie, il semble très probable qu’une infection par le virus Zika pendant la grossesse puisse entraîner des microcéphalies (taille anormalement petite du cerveau) et des anomalies du développement cérébral du fœtus intra-utérin. Les atteintes les plus sévères peuvent même conduire à une mort in utero ou dans les premiers jours de vie.

La transmission ne se ferait pas qu’avec le moustique tigre

Même si la transmission du virus se fait essentiellement par le moustique tigre, il ne semble pas totalement exclu qu’une transmission inter-humaine, par voie sexuelle, soit possible.

En effet, les autorités sanitaires du Texas ont rendu public un cas de transmission par voie sexuelle entre une personne qui avait contracté le virus Zika au Vénézuela et son partenaire après son retour.

Un autre cas de transmission par voie sexuelle avait déjà été rapporté en 2008 où un chercheur américain qui s’était rendu au Sénégal et qui avait contracté le virus, l’avait transmis à son épouse qui n’avait pas quitté les Etats-Unis.

Une autre étude de 2015 mentionne la présence du virus dans le sperme d’un homme de 44 ans (vivant à Tahiti) 15 jours après le début des symptômes.

Quelles mesures de protection prendre face à ce virus ?

A ce jour, il n’existe aucun vaccin, ni traitement spécifique pour lutter contre ce virus.

La Direction Générale de la Santé recommande donc aux résidents des départements français d’Amérique, aux voyageurs et femmes enceintes une attention particulière en multipliant les mesures de protection :

  • utiliser de répulsifs cutanés (particulièrement le matin et en fin de journée, lorsque le moustique Aedes est le plus actif) ;
  • porter de vêtements couvrants imprégnés d’insecticide ;
  • utiliser des moustiquaires ;
  • éliminer les gîtes potentiels de moustiques (vider, nettoyer ou couvrir tous les contenants susceptibles de retenir l’eau, comme les seaux, les pots de fleurs, soucoupes ou pneus, afin d’éliminer les endroits où les moustiques peuvent se reproduire).

Dans tous les cas, si vous avez le moindre doute concernant l’apparition de symptômes et que vous revenez d’une zone épidémique, n’hésitez pas à en parler à votre médecin.

Pour les femmes enceintes qui souhaitent se rendre dans un pays où sévit l’épidémie, il leur est conseillé de reporter leur voyage.